TOMÁS SARACENO
Dans le cadre du cycle Habiter
10.10.2009 - 03.01.2010

L’utopie existe jusqu’à sa réalisation.
Tomás Saraceno

Optimiste et enthousiaste, inspiré par la philosophie écologique et les développements visionnaires d’architectes théoriciens comme Peter Cook, Yona Friedman ou Buckminster Fuller, Tomás Saraceno poursuit l’idée « d’utopie réalisable » et invente des installations lumineuses, des sculptures cinétiques, des jardins suspendus ou encore des architectures gonflables. Conçues comme des « véhicules plus légers que l’air », ces installations aériennes sont alimentées par l’énergie solaire et confectionnées avec des matériaux inédits dont l’aérogel, pellicule extrêmement fine, spécialement conçue et brevetée par l’artiste. Architecte de formation, Saraceno ne cesse de scruter le ciel tout en gardant les pieds sur terre. À travers ses œuvres, véritables synthèses d’ingénierie, de physique et d’art, il remet en question un modèle statique de développement des villes, ainsi que la dimension individualiste de nos communautés modernes. Dans Air-Port-City par exemple, concept expérimental développé depuis quelques années et évoluant au fil des projets, il propose des espaces d’habitation et de vie à travers un système de modules flottant dans l’air. Filant la métaphore du nuage, il interroge les notions de territoire et de frontière, mais aussi de développement urbain et social sur un mode durable, à travers une œuvre tout aussi poétique que critique, d’une beauté parfois éblouissante.
Pour son exposition au Mudam, troisième volet du cycle Habiter, Tomás Saraceno présente le projet expérimental mené en 2008 dans les vastes paysages de son Argentine natale, expérience dont témoignent les photographies et films réalisés sur place et co-produits par Mudam. Passionné par la question du vol libre, il orchestre alors dans le ciel, avec son équipe, le ballet de trois grandes structures gonflables auxquelles est arrimée une tente en guise d’habitat rudimentaire. Ces ballons monumentaux ne résisteront toutefois pas à l’aventure, emportés définitivement par les vents. En réponse à ce projet et suspendue sous le ciel du Grand Hall, se déploie une des architectures gonflables modulaires d’Air-Port-City. Flottant au sein d’un entrelacs de cordages, elle incarne ainsi ces recherches autour de futures habitations flottantes.

Commissaire : Marie-Noëlle Farcy (Mudam)

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