FLORIAN PUMHÖSL
18.06.2009 - 13.09.2009

Les œuvres de Florian Pumhösl s’intéressent aux vocabulaires formels de l’abstraction et de la modernité, et plus précisément à la « transgression des formes » : les dynamiques de traduction, de déplacement ou de réminiscence de certaines formes entre différentes époques, différents contextes géographiques, différents médiums. Ses projets antérieurs se sont par exemple intéressé aux formes représentatives des échanges réciproques entre les avant-gardes japonaises, russes et européennes (Modernologie, 2007) ou aux premières manifestations du modernisme en architecture au Brésil (Programm, 2006).
L’exposition au Mudam s’articule autour d’un film d’animation abstrait prenant comme point de départ un livre japonais de la fin du XVIIe siècle, le Yuzen Hiinagata (1688), un ouvrage en quatre volumes consacré aux motifs pour kimonos, provenant de la Bibliothèque Tenri au Japon. Florian Pumhösl a utilisé cet ouvrage comme un « script » pour son film : les formes graphiques des gravures du livre ont été sélectionnées, simplifiées et réorganisées de telle sorte que l’oeuvre propose une typologie de fragments formels. Le film est organisé en différents chapitres, nommés à partir des numéros de références sous lesquels ils sont enregistrés à la Bibliothèque Tenri. L’intérêt de l’artiste pour ces motifs s’inscrit dans le cadre de recherches plus larges sur les jeux de déplacements et d’influences entre différents contextes géographiques et historiques : « En m’intéressant à ces formes décoratives, j’ai tenté de redécouvrir en celles-ci ce qui a pu initier la fascination des artistes de la modernité pour le langage visuel japonais : un terrain commun. »
L’image en mouvement occupe une place centrale dans la pratique de Pumhösl. Dans le film 16mm, le montage cinématographique sert d’équivalent à la succession des pages dans le livre. Le film 16mm peut rappeler certains films abstraits produits au début du XXe siècle, tels que Diagonal Symphony (1921-1924) de Viking Eggeling. L’intérêt de l’artiste pour ces premiers films abstraits se situe notamment dans la manière dont ils visualisent les dialogues qui se sont établis à l’époque entre avant-garde, abstraction et recherches cinématographiques. Dans l’exposition, le film 16mm est accompagné d’une suite de compositions murales mettant en scène des morceaux de verre. Les formes que ces morceaux de verre dessinent peuvent rappeler les motifs présents dans le film 16mm. Associant chacune plusieurs formes simplement placées sur le plan incliné sans y être fixées, ces compositions évoquent une certaine fluidité. Elles fonctionnent pour l’artiste comme des « ébauches cinématographiques ».

Commissaire : Christophe Gallois (Mudam)

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