BE THE ARTISTS’ GUEST
Quel musée pour le vingt-et-unième siècle ?

«Penser ne consiste pas à être actif mais à se rendre passif, réceptif,
de telle sorte qu’on puisse être activé par la pensée des autres»
Guy Debord

Pour préparer son ouverture, le Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean propose le concept «be the artists’ guest», une carte blanche aux artistes et designers pour prendre en charge et interpréter la totalité des espaces du musée : les lieux traditionnels d’exposition bien sûr, mais aussi les lieux intermédiaires : les espaces fonctionnels dévolus à l’usage des publics (accueil, pavillon de lecture, café, auditorium…), et les zones de passage (grand hall, foyer...).

En effet, si les publics des musées sont divers — savants, amateurs, néophytes, simples curieux, indifférents ou contempteurs —, «be the artists’ guest» les invite tous à se débarrasser de leur «bagage», quel qu’il soit, avant d’entrer dans le musée, comme on se déchausse, rituellement, sur le seuil de la maison japonaise.

Ainsi, la pensée des autres, l’imaginaire des artistes incite à la découverte du musée, à voir l’art, à le contempler, à le comprendre et à l’aimer. Le Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean doit donc être un lieu qui puisse étonner, divertir, éduquer, ouvrir, suggérer et inspirer.

Son but est de faire en sorte que tous ses éléments, «de la cave au grenier» (la nourriture que l’on mange, les œuvres que l’on regarde, les produits que l’on achète, les conférences auxquelles on assiste, le site internet que l’on consulte), pris en charge par ces imaginaires d’artistes, puissent remplir le pari de l’éveil, du refuge, du rêve et de l’alternatif auprès d’un public étonné, et que ces interventions puissent répondre en même temps à toutes les fonctions communes aux autres musées.

Marie-Claude Beaud
Luxembourg, avril 2002

< back