FORÊT AUTOMATIQUE

Je suis un artiste travaillant avec l’électronique, la robotique, la vidéo et la programmation. Mon sujet est l’évolution du statut respectif et des relations de l’humain et de la machine. J’applique une démarche ludique, empirique et pratique a la production de machines pour vidéos, installations et performances. La présentation de mon travail comporte fréquemment des éléments humoristiques combinés avec une vision plus sombre. Je questionne et commente sur les effets de l’exposition à un environnement de plus en plus technologique et complexe, nourrissant le travail de mes sentiments ambigus d’attraction et d’inquiétude.
En fabriquant à base de technologies obsolètes et recyclées des installations et des performances drôles, touchantes ou absurdes, j’espère délivrer un message célébrant la créativité joyeuse et l’esprit critique, critères indéniables d’humanité.
La Forêt Automatique est un environnement qui offre au spectateur une version synthétique et couverte d’un moment passé en forêt. Les murs sont tapissés de la reproduction photographique d’un sous-bois générique, avec torrent, fougères et grands arbres. On entend le son du torrent, et par intermittence, des chants d’oiseaux: accrochés au plafond, des oiseaux robotiques pépient et s’agitent au rythme d’un programme informatique.
Les oiseaux sont des moteurs électriques garnis de petites ampoules colorées et d’un haut-parleur. Quoique leur apparence physique ne soit pas réaliste, un design astucieux, combiné avec les paramètres semi-aléatoires du programme, leur confère une présence convaincante et «naturelle».
Contrôlée par deux ordinateurs obsolètes et un circuit électronique fabriqué par l’artiste, la Forêt automatique a une atmosphère douce-amère. Le charme des petits oiseaux ne masque pas tout à fait leur caractère d’usurpateurs, et le kitsch du papier-peint manque vraiment de profondeur.

Paul Granjon (France, 1965)


Michaël La Chance sur Forêt Automatique

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