QU’EST-CE QUE :mentalKLINIK?

Alors que la relation contemporaine de l’homme à l’objet semble brisée, il paraît utile de rappeler certaines idées fortes et de les remettre à leurs justes places, au risque pour cela d’en choquer certains — puisque aujourd’hui cette mission serait plus du ressort des héros que des impertinents. Un des objectifs premiers de :mentalKLINIK est donc de redonner toute sa valeur à la relation homme-objet, de la transformer, et ainsi de tenter de prouver que notre relation à la consommation peut être différente. Tout au long de son émergence, :mentalKLINIK, dans le but d’imaginer «une éthique» qui lui est propre, a passé en revue les processus de création comme l’art, le design, et ceux qui sont propres à la production et à la consommation. En amont, :mentalKLINIK définit un concept spécifique à explorer, détermine, avec l’éditeur du projet, l’attitude à adopter vis-à-vis du concept, puis invite les participants au projet. Enfin, il propose un processus de production à deux niveaux. Le premier consiste à élaborer un espace dévolu aux produits et à l’imaginer en fonction du concept choisi ; le deuxième s’attache à concevoir un livre autour dudit concept. Les participants, issus de domaines différents, sont invités à travailler autour du thème, ils conçoivent une série de travaux/objets/produits spécifiquement conçus pour le projet et qui seront exposés dans un espace public selon une scénographie ad hoc. La procédure est longue, les connaissances acquises se partagent ensuite, sur place, avec les visiteurs. Le livre et ses auteurs/illustrateurs sont, à ce titre, également des participants du projet.

:mentalKLINIK peut se définir comme suit (et cela doit être pris en considération) : :mentalKLINIK se préoccupe aussi bien de ce qui compose la vie de tous les jours, que de ce qui est laissé à l’écart, en manifestant une même curiosité pour les choses entendues et codifiées que pour celles se situant sur un terrain plus délicat. :mentalKLINIK tout en s’attachant aux aspects sensuels et émotionnels, va à l’essentiel, recouvre à la fois le singulier et le pluriel. Surtout, :mentalKLINIK tend vers l’idée de l’unité d’un ensemble. Ainsi, dans chacun de ses projets, :mentalKLINIK choisit des intervenants spécialisés dans des domaines divers et d’autres non spécialisés. Les actes et les connaissances, la pratique et la théorie, l’amateur et le professionnel, le profane et l’initié sont d’une importance tant égale qu’utile. :mentalKLINIK croit au processus de développement et à l’expérience, raison pour laquelle il se construit perpétuellement.

Pour conclure, :mentalKLINIK, dans son action, entend élaborer un nouveau langage. :mentalKLINIK ne souhaite pas coder ce langage car si cela s’avérait nécessaire, ce serait une erreur allant à l’encontre des souhaits évoqués plus hauts.


QUI EST :mentalKLINIK?

En 1998, :mentalKLINIK est imaginé par Birol Demir et Yasemin Baydar sous la forme d’un projet commun. Puis, :mentalKLINIK voit le jour dans un appartement à Istanbul/Topagaci en 2000 dans le but de redéfinir l’art, le design, et ce à travers des modes de production et de consommation dotés d’une «éthique» propre.

En 2001, :mentalKLINIK réalise l’exposition (sleep), qu’il définit comme une obscure zone «blanche» abordée sous l’angle poétique, car le sommeil arrive, il nous saisit, nous prend en otage et nous emporte. En 2002, :mentalKLINIK monte le projet {game} sur les rapports du jeu avec la violence, la passion, la socialisation, lieu d’expérience et de tentative de survie. En 2003 ce fut [copy] dont l’enjeu était de savoir si la copie fonctionnait comme une chaîne de singularités, tout en interrogeant les notions de «copyright» et «copyleft». Avec son nouveau projet ~self, :mentalKLINIK essaie d’explorer le concept du «moi», l’un des plus refoulés peut-être, en le définissant comme «un présent aoriste ombreux et indéfini».

S’intéressant aux contenus, :mentalKLINIK base tous ses projets autour d’une idée et les redéfinit en les étayant par des propositions individuelles ou de groupe. Il explore chacune de ces idées depuis différents points de vue, sans jamais négliger les notions d’homme, d’objet, de culture, de valeur, fermement convaincu que le processus de production est une valeur en tant que telle.

Textes extraits de la brochure publiée par :mentalKLINIK et Mudam à l’occasion de l’exposition.
Plus d’information :mentalKLINIK sur www.mentalklinik.com

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